samedi 31 janvier 2015

Un bûcher sous la neige - Susan Fletcher



Un bûcher sous la neige, roman de 2010 par Susan Fletcher.

Environ 450 pages. Edition française de 2013.

Genre: roman historique/fantasy.

Ce roman m'a séduit dès qu'Aleks en a publié la présentation sur son blog il y a maintenant un peu plus d'un an, et il me fut généreusement offert par Obsidienne, donc je vous remercie toutes les deux pour cette belle découverte, cette belle histoire, qui m'a enchantée et réellement touchée.

Bref résumé: Au sein d'une terre britannique troublée, où le contexte politique et religieux est difficile, Corrag est une jeune fille accusée de sorcellerie et se retrouve dans un cachot écossais où rien d'autre ne l'attend que la mort, par immolation sur le bûcher. Celle-ci va alors raconter sa vie, ou plutôt ses 4 vies comme elle le nomme, sa vérité, sa version, à un homme d'Eglise, Charles Leslie, un révérend. Ce roman est son témoignage, sa trace, son testament: sa vie en tant que 'sorcière' est ainsi dépeinte, et débute alors pour nous un voyage parfois triste mais rempli de rencontres et de merveilles. Débute ainsi son voyage de l'Angleterre aux terres sauvages écossaises.

Avis: Le roman adopte un style particulier car on progresse dans le récit via l'histoire conté de Corrag, complétée par les conversations épistolaires du révérend à sa femme et ses rares excursions au dehors. Ainsi on connait les points de vue des deux personnages, différents, via des supports différents. Tous les chapitres ne coïncident pas forcément directement avec la fin du chapitre précédent, le lecteur doit ainsi faire le lien entre les dires des personnages et la narration et cela est très plaisant!

Le comportement humain est à mon sens très bien retranscrit, car au fil des récits et des rencontres de Corrag, on constate que certains personnages voient leur vision des choses évoluer, alors que d'autres restent obtus. Le changement, n'est-ce pas là la nature de l'être humain?

Ayant étudié la période historique trouble de l'Angleterre au XVIIème siècle, le contexte fut pour moi facile à imaginer, mais je vais ainsi préciser les choses pour les non-initiés: dans les années 1640, éclate le début des guerres civiles anglaises, qui vont aussi impliquer l'Ecosse. Les Lords anglais veulent que la monarchie soit 'contrôlée' par le Parlement, voulant ainsi établir une monarchie constitutionnelle alors que le roi en place veut conserver la tradition du pouvoir de droit divin (donc personnel) du roi. Dans le même temps, les débats entre catholiques et protestants font rage puisque le roi Charles Ier épouse une catholique dans une Angleterre protestante. Le conflit conduira à la décapitation du roi, et le reste du siècle ne connaîtra pas de période stable: conduisant à la fuite du roi catholique Jacques II (un Stuart) en France et à l'arrivée du protestant hollandais Guillaume III sur le trône anglais soutenu par les Lords (le parlement anglais), durant la Glorieuse Révolution de 1688. 
Le contexte est rapidement rappelé dans l'oeuvre, suite au récit.


Ce récit est une véritable machine à transporter dans le temps, on est transporté dans les paysages conté par Corrag, cette amoureuse de la vie, cette enfant qui voit le bon dans les choses simples, on ressent et sent les lieux qu'elle traverse tellement l'auteur rend son récit vivant.


En quelques mots? Je suis un adepte inconditionnel! Et je pense compléter ma bibliothèque avec d'autres romans de Susan Fletcher, sans l'ombre d'un doute.

mardi 27 janvier 2015

Histoires d'empoisonneuses d'hier et d'aujourd'hui - B. de Castelbajac


Histoires d'empoisonneuses : D'hier & d'aujourd'hui, œuvre de 2010, par la journaliste Bernadette de Castelbajac.

Environ 220 pages. Edition de 2010.


Genre: Récit et anecdotes historiques, Crime et Justice.

Quatrième de couverture: Le poison est-il vraiment passé de mode ? Pas si simple ! Les faits regorgent encore d'assassinats subtils où des substances nouvelles sont en jeu. Depuis toujours, la jalousie, l'appât du gain, la vengeance ou l'ambition ont provoqué le meurtre. Les interrogations fusent à l'autopsie, et la police (aujourd'hui scientifique) recourt à toute une panoplie d'outils et d'analyses.
Dès lors la question se pose : comment prouver l'empoisonnement ? Le poison au cours des siècles est devenu de plus en plus indécelable. Il se dissimule dans les plats, dans le vin, mais imprègne aussi bien des gants qu'une lettre, se vaporise sur des fleurs ou des fruits. Quant à la palette des poisons, elle est vaste : l'arsenic, déjà utilisé par les Grecs ; la litharge ou " pierre d'argent " ; l'eau-forte ; les sublimés ou sel de mercure ; mais également le venin de vipère, le sang de crapaud ou le verre pilé... et aujourd'hui de discrètes formes chimiques ou bactériologiques.
Bernadette de Castelbajac examine en autant de petits récits les cas d'empoisonnement les plus célèbres (ou moins connus) de l'Antiquité à nos jours, avec toujours cette même évidence : un bon poison vaut mieux qu'un long discours...

Avis: Un concentré d'anecdotes historiques avérées, d'histoires troubles de cours et de succession et de cas de meurtres, qui forme un ouvrage magnifique, très intéressant et qui permet de découvrir un volet du quotidien des individus à diverses époques. L'ouvrage met ainsi en avant les diverses raisons qui poussent les individus à l'empoisonnement: folie, vengeance, amour et passion, appât du gain, etc...
De plus on constate que toutes les populations sont sujette à ce crime: rois, nobles, riches, figures religieuses, paysans, etc...

Mentionnons aussi que le travail de recherche est poussé puisque les détails juridiques et médico-légaux (autopsies, témoignages, aveux) sont ainsi retranscrit dans l'œuvre. De plus à chaque crime, le poison utilisé ou soupçonné est mentionné dans sa nature et parfois sa forme.

L'oeuvre est divisée en 8 chapitres regroupant les cas de crimes par empoisonnement par périodes historiques:

Chap 1 - Epoque impériale romaine, l'ensemble du Moyen-âge et la Renaissance.
Chap 2 - Epoque Moderne et période révolutionnaire.
Chap 3-4-5 - le XIXème siècle, et le début du succès de la science pour démontrer la culpabilité ou non des accusés.
Chap 6-7-8 - le XXème siècle (jusqu'aux affaires récentes des années 2000).


Attention, le titre fait mention d'empoisonneuses car il est avéré que le poison est souvent l'arme de crime des femmes dans l'Histoire, mais les hommes ne sont pas écartés pour autant, et leurs crimes vénéneux sont aussi intégré à l'œuvre.


Un ouvrage très intéressant pour les curieux d'Histoire, les passionnés de justices et les mordus d'anecdotes sordides.

mercredi 31 décembre 2014

Epic - Conor Kostick



Epic, roman de 2006, par Conor Kostick, est le premier tome d'une trilogie titrée en anglais 'Avatar Chronicles' continuée par les oeuvres Saga et Edda.

Environ 450 pages. Edition de 2011 - réédité en 2013.

Genre: Fantasy, Aventures, MMORPG/jeu-vidéo.


Bref résumé: Dans un lointain futur, la Terre n'existe plus. Les survivants du genre humain ont colonisé une autre planète où une règle est d'or: la violence, sous toute ses formes, est proscrite. Le monde d'Epic est un monde virtuel où se règle tous les conflits de la société: les avatars de chacun définissent, suivant leur évolution et leurs accomplissements, leur place dans la société. Cependant, il faut savoir que si son avatar meurt dans Epic, il faut recommencer à zéro... et cela se traduit par une condition sociale misérable car l'on se retrouve réassigné à des travaux souvent pénibles et périlleux....

Erik, jeune ado de 14 ans, rêve de tuer un dragon afin de s'arracher à sa misérable condition et d'aider sa famille. Suite à la mort de son avatar dans une tentative désespéré face à un dragon, contre toute logique il décide de créer un avatar féminin aux caractéristiques peu communes. C'est alors que pour lui, et ses amis, débute l'exploration des multiples possibilités du monde d'Epic... et le bouleversement d'un équilibre précaire au sein de celui-ci.

Avis: Ce roman pour jeune public est agréable, bien que parsemé de nombreux petits points noirs qui viennent l'entacher: par exemple, il est parfois trop rapide et trop facile dans son récit. En effet à la lecture de ce roman, on dirait que rien ne peut réellement entraver l'avancée d'Erik et ses amis dans leur quête, la difficulté n'est pas assez retranscrite.

Autre petit bémol: si Epic est un jeu, le système de "level" lui est totalement étranger, ainsi un avatar débutant peut, si il en a les moyens financiers, acquérir une arme légendaire et surpuissante. Ce qui, pour moi, est aussi un des problèmes posé à la lecture de ce récit.

De même le 'bad guy' intervient bien trop tard dans le récit, et intervient de manière assez commune, avant de se révéler dans sa véritable nature. C'est dommage.

Mais tout ces petits défauts n'ont pas empêcher ma lecture d'être agréable et rapide, puisque le roman m'a occupé trois nuits consécutives, et que je ne serais pas contre l'idée de me procurer les deux autres volumes de la saga.

Mais, il y a un hic, c'est que ces deux récit n'ont pas encore été traduits. Saga a été édité en 2009 et Edda en 2011, nous sommes à la veille de 2015 à l'heure où je rédige ces lignes et... pas de traductions de ces deux volumes. L'achat de la VO en occasion s'impose donc à moi.



Si vous découvrez Epic à un prix raisonnable (moins de 5€) je vous conseille cet achat, et cette lecture. Cependant soyez prévenus nous sommes loin d'Harry Potter ou de l'Epouvanteur, cette saga se destine à de jeunes adolescents. De plus, à mon gout, Sword Art Online, déjà détaillé dans ce blog -ici- est pour moi bien largement au-dessus d'Epic, dans le thème des mondes virtuels.

dimanche 7 décembre 2014

Le dernier des Aguris T.1: l'ombre du crépuscule - Jane Kinkster


Le dernier des Aguris T.1: l'ombre du crépuscule, roman de 2012, par Jane Kinkster (son vrai nom français étant Catherine Diran.)

Environ 250 pages. Edition de 2012.

Genre: Post-apocalypse, thriller, fantasy.

Bref résumé: Dans une société post-apocalyptique ou les termes tels que 'voitures' et 'radio' n'ont plus aucuns sens, Jonas et sa jeune sœur Jane, tentent malgré tout de survivre: survivre à la violence, aux intempéries, à la faim, aux hommes, aux bêtes et autres dangers... 

Ils se retrouvent malheureusement pris au piège par une bandes de barbares, les Choosers, et sont sauvés in extremis par un homme nommé Elmore. Peu après, celui-ci les quitte mais leur indique un lieu où il pourraient trouver refuge: un manoir.

Mais ce manoir n'est en rien un refuge, c'est un établissement où la violence et le vice sont les maîtres-mots. Survivront-ils, sachant qu'ils seront désormais séparés l'un de l'autre?

Avis: Le prologue nous plonge dans un univers où l'on comprend que les normes de notre société n'ont plus cours depuis longtemps. Mais à mon goût le thème du monde chaotique est trop rapidement délaissé, pour laisser place au thème du huis-clos (voir de l'emprisonnement) et au système abusif que peuvent exercer les personnes au pouvoir et les adultes. Le roman est découpé en de nombreux chapitres, très courts, qui se centrent à chaque fois sur l'un des personnages importants rencontrés. 

J'ai aimé la description du 'soultball': version barbare et primitive du football US, très proche du jeu-vidéo Blood Bowl.

La lecture du roman se fait très facilement, et l'on enchaîne pages après pages, cependant je pourrais reprocher le trop grand nombre de questions soulevées restées en suspend... malgré que ce ne soit qu'un 1er volume. Pour le reste je n'ai pas grand chose à dire de ce roman, qui m'a bien diverti et auquel j'espère une suite et un aboutissement.

Dernier point: la couverture reste assez mystérieuse par rapport au contenu du récit.

lundi 17 novembre 2014

Le Diable chuchotait - Miyuki Miyabe


Le Diable chuchotait, roman de 1989 par l'auteur japonaise Miyabe Miyuki. 

Environ 370 pages. Edition française de 2012.

Genre: Thriller, policier.

Ce livre est mon premier 'vrai' roman d'un auteur nippon, étant plus habitué au format des light novels, plus court et souvent traduit en anglais.

Bref résumé: Tokyo, dans les années 1980. Septembre: les journaux relatent la mort d'une jeune femme à quelques jours de son mariage, se jetant du haut d'un immeuble... Puis quelques semaines plus tard, début Octobre, ils font mention de la mort d'une seconde jeune femme, morte se jetant sous un train. Au début Novembre une troisième mort vient s'ajouter à ce palmarès macabre... Cependant cette troisième mort va impliquer Mamoru, adolescent de 16 ans au passé difficile, car la victime a été renversée par son oncle, chauffeur de taxi, qui se retrouve arrêté par la police. Mamoru va alors tenter son possible pour prouver l'innocence de son oncle.

Avis: Déjà, un GROS défaut apporté par le résumé de présentation du livre, le quatrième de couverture, qui dévoile l'intrigue correspondant au cent premières pages du roman...

Ceci étant dit, le récit est génial! On suit le quotidien de Mamoru qui, de ses petits moyens, va mener son enquête, pas à pas, pour innocenter son oncle et découvrir le fin mot de l'histoire autour de cet accident. On est loin des thriller habituels (et parfois clichés) où le héros est le flic en charge de l'affaire avec des moyens d'enquête facilité et une certes habitude à ce genre d'affaire, puisqu'ici le récit est axé sur un adolescent quelconque et commun de 16 ans. Et c'est précisément cette approche qui m'a particulièrement plu: on sort des sentier baliser du thriller pour s'aventurer ailleurs.

De plus, l'intrigue est cohérente et traite de sujets contemporains, rationnels et probables. La révélation finale est cependant un peu facile à cerner (à mon goût),  et même si le motif est banal il reste cohérent et probable. Le plus du roman, c'est que l'enquête de Mamoru va le mener sur un terrain qu'il ne soupçonne pas entièrement... et qui se relève plein de secrets.

Ce roman fait aussi passer un message qu'il est parfois bon de se rappeler. A vous de le vivre par cette lecture que je conseille vivement.